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Malgré leur rebond récent, les sociétés françaises de Travail Temporaire sont encore loin d'avoir retrouvé leurs cours du 1er semestre 2007 où le secteur avait été porté par la mesure favorable introduite le 1er janvier 2006 (Loi Fillon) dans le calcul des allègements de charges sociales. La fin de ce dispositif, à compter du 1er octobre 2007, puis la crise des subprimes qui a entraîné un ralentissement de la conjoncture économique et une forte baisse des actions, ont provoqué une forte défiance des investisseurs vis-à-vis des sociétés de Travail Temporaire, notamment en France où les sociétés cotées sont des small ou mid-caps (DLSI, Groupe Crit, Synergie). Néanmoins, grâce notamment à cet impact positif des allègements de charges sociales (gain d'un peu plus de 100 points de base sur la Marge Opérationnelle), les résultats 2007 des sociétés françaises sont ressortis en forte hausse avec comme conséquence une réduction de leur dette financière et donc une amélioration de leur situation financière avec un assainissement de leur bilan.
Au-delà de cet épisode conjoncturel lié à l'allègement des charges sociales, il nous semble que des facteurs positifs fondamentaux et structurels devraient permettre au secteur de retrouver les faveurs des investisseurs :
1) Face aux évolutions à venir du marché de l'emploi avec le départ à la retraite de la génération du « baby-boom » et l'allongement de la durée du travail, les Groupes de Travail Temporaire devraient évoluer d'un statut de recruteur à un statut de fournisseur de solutions pour l'emploi. L'environnement réglementaire est plus favorable à ce type d'activité. Depuis 2005, la loi Borloo permet aux sociétés d'intérim d'intervenir pour effectuer aussi des recrutements de salariés en CDI. Les sociétés d'intérim vont devenir un intermédiaire à plus forte valeur ajoutée. Ce transfert des missions de l'ANPE vers l'intérim est progressif mais inéluctable. Jusqu'à présent, les chiffres sont modestes mais la progression est forte (par exemple avec le doublement sur ce segment du CA 2007 en France chez Synergie). Cet élargissement du périmètre du champ d'action des sociétés d'intérim est l'occasion de toucher une nouvelle cible de candidats potentiels. D'autre part, les collectivités territoriales et les services de l'État vont pouvoir à court terme recourir à la main d'½uvre temporaire. Enfin, le portage salarial peut désormais être exercé par des sociétés de Travail Temporaire (article adopté le 16 avril à l'Assemblée Nationale).
2) La poursuite de la concentration du secteur. L'offre d'achat de Randstad sur Védior annoncée fin 2007 (pour environ 3,5 milliards d'euros) renforce le système oligopolistique du secteur avec trois acteurs dominants : Le suisse Adecco (n°1 mondial), le nouveau groupe néerlandais Randstad/Védior qui pointe désormais à la 2ème place mondiale et l'américain Manpower. Néanmoins, le secteur reste très fragmenté. Le Royaume-Uni est l'un des pays les plus atomisés. En France, il existe environ 1000 sociétés de Travail Temporaire. Dans ce contexte, les sociétés françaises cotées participent à cette concentration du secteur : Groupe Crit avec des acquisitions en Espagne, Synergie avec des acquisitions au Royaume-Uni et DLSI avec quatre acquisitions en 2007, notamment une en Suisse. Mais ces groupes nous paraissent surtout de belles cibles pour les majors du secteur.
3) Le secteur est bon marché avec des ratios historiquement modérés. D'après les données JCF, les ratios sur les estimations 2008 des principales sociétés mondiales du secteur sont les suivants : PER d'environ 11 fois, VE/CA de 0,4 fois et VE/EBIT comprise entre 7 et 8 fois. Les sociétés françaises cotées sont plutôt sous-évaluées (voir tableau ci-joint).
En conclusion, nous estimons que le secteur du Travail Temporaire devrait accentuer son rebond en bourse, notamment avec l'amélioration attendue de la conjoncture économique fin 2008 et surtout en 2009. Nous recommandons l'Achat des trois sociétés françaises cotées, avec une préférence pour Synergie dont les résultats 2007 ont été de meilleure qualité, la présence à l'International plus forte et surtout avec une situation financière (gearing très légèrement positif) lui permettant d'avoir une marge de man½uvre plus importante pour la croissance externe.
| Date conseil |
Titre |
Mnémo |
Isin |
cours à la date du conseil |
conseil |
| 05/05/2008 |
DLSI |
ALDLS |
FR0010404368 |
11,95 |
achat |
| 23/04/2008 |
Gr CRIT |
CEN |
FR0000036675 |
20,39 |
achat |
| 25/04/2008 |
Synergie |
SDG |
FR0000032658 |
20,53 |
achat |
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